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Des mots, une histoire : Récolte 5

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Liste des mots récoltés chez Olivia :

 flamme – briser – fragilité – contempler – combat – essentiel – générosité – (Notre Dame donné sur Facebook, mais comme ce n’est pas un nom commun, pas d’obligation de l’intégrer)

J’ai choisi de laisser  le mot « Notre Dame » de côté pour mon texte.

 

La semaine avait été longue et éprouvante mais à présent on était vendredi soir. Elle avait prévu de rester chez elle avec comme seule activité de regarder les flammes du feu danser dans la cheminée, une activité apaisante , parfaite pour réfléchir sur sa vie.

Il était parti le dimanche matin précédent, la laissant presque totalement brisée

Pourtant au travail, elle avait réussi à faire face et ses collègues  ne se doutaient de rien. Elle n’avait vraiment pas envie de leur en parler (d’ailleurs elle s’arrangeait toujours pour ne pas parler de sa vie privée)…

Peut-être que sa prétendue fragilité n’était qu’une de ses inventions à lui. Car au final, dans cette relation, il lui avait fait plus de mal qu’autre chose, elle s’en rendait déjà compte.

Et alors qu’elle aurait pu sombrer et passer le reste de sa vie à contempler le gâchis de sa vie, elle avait très rapidement décidé d’utiliser ce coup très dur de façon positive pour apprendre à être elle même. Ce serait un peu comme un combat, long et parfois douloureux, mais elle savait qu’elle en sortirait vainqueur et plus forte. A l’avenir elle allait se concentrer sur l’essentiel, connaitre ses propres besoins, apprendre à se faire respecter, s’accepter telle qu’elle était et mettre sa générosité à son propre service. Tant pis si elle passait pour une égoïste pendant quelques temps auprès de ses proches, elle savait que c’était ainsi qu’elle pourrait en quelque sorte renaître et vivre pleinement sa vie. Elle comptait bien devenir une jeune femme épanouie et heureuse, avec ou sans compagnon à ses côtés.

 

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Des mots, une histoire : Récolte 3

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Liste des mots récoltés chez Olivia :

ubac, fluidité, aboyer, berger, geste, feu, poussière, onde, retour, éteindre, chamade (mot facultatif)

 

Il était une fois, il y a fort longtemps, une nymphe qui naquit dans une rivière, laissant derrière elle une onde scintillante.

Elle vécut pendant un très long moment selon la tradition de son peuple, loin des êtres humains, dans un petit abri au bord d’un lac, sur l’ubac d’une montagne des Alpes.

Elle s’occupa des créatures aquatiques avec dévotion, en accord avec la mission qu’elle devait remplir en sa qualité de nymphe.

Mais un jour un feu se déclara dans la forêt environnant son lac et elle dut se résoudre à aider une créature terrestre, un chien qui aboyait avec énergie mais aussi avec un grand désespoir.

La nymphe se déplaça avec une fluidité insaisissable, entouré d’un halo d’eau, au cœur du brasier pour rejoindre la pauvre bête. Elle éteignit le feu en lançant de grandes gerbes d’eau de ses délicates mains.

Quelle ne fut pas sa stupeur lorsqu’elle découvrit que le chien cherchait à protéger un humain. En s’approchant du jeune berger son cœur se mit à battre la chamade car elle en tomba instantanément amoureuse. Elle lui offrit son cœur et sa vie, et elle était tellement belle qu’il accepta ,avec joie et reconnaissance pour sa sauveuse, de l’épouser.

Hélas ce geste condamna la nymphe à être bannie de son monde d’origine, sans aucun retour possible, et elle perdit aussi son immortalité le jour où elle prononça ses vœux pour le berger.

Néanmoins elle s’accommoda très vite de son nouvel état de simple mortelle, elle vécut une vie très heureuses avec son berger, avec qui elle eut trois magnifiques enfants.

A l’heure où je vous raconte cela, il y a des centaines d’années que la nymphe et le berger sont redevenus poussière. Mais sur l’ubac d’une montagne des Alpes il se murmure que quelques jeunes femmes ont le pouvoir de commander l’eau, sans doute des descendantes de la nymphe et du berger.

Des mots, une histoire : Récolte 2

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Voici la liste de mots récoltés chez Olivia :

poulpe – lys – insomnie – fromage – superflu – désolé.e – crustacé – émotion

 

et voici mon texte :

 

Tout au long de la journée nous sommes traversés par des émotions diverses et variées, des positives et des négatives, souvent des fortes.

Une nuit d’insomnie peut nous laisser désemparé ou nous faire pester toute la journée suivante.

Un plat à base de poulpe peut provoquer un profond dégoût alors qu’un autre à base de crustacés fera saliver d’envie.

Certains seront totalement captivés devant un plateau de fromages, là où d’autres seront totalement fascinés par une oeuvre d’art, un tableau par exemple.

Un bouquet de fleurs de lys suscitera de l’émerveillement chez les amoureux de la nature.

Les personnes matérialistes s’enthousiasmeront pour des objets que la plupart de gens trouvera superflus, voire inutiles.

Je pourrais vous donner tout un tas d’autres exemples, vous parlez d’émotions fortes telles que la peur ou la colère, mais je pense que vous voyez de quoi je parle.

Et si vous n’appréciez pas ces montagnes russes que sont parfois nos émotions, je suis désolée pour vous, car elles font totalement partie de notre humanité.

 

 

Des mots, une histoire : récolte du 16 février 2019

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Après une longue absence, j’ai eu de nouveau envie d’écrire et ça tombe bien puisque Olivia reprend ce mois-ci son atelier d’écriture « Des mots, une histoire ». Comme quoi, la vie est bien faite !

 

Voici la liste des mots à employer dans le texte :

activité – soleil – nouvelle – jardin – souvenir – sacré – broderie – pain – collision – printemps – souffle – rêver

 

et voici mon texte :

 

Aujourd’hui le printemps est bien installé et le soleil brille dans le ciel. Du coup j’ai eu envie de porter ma nouvelle robe !

Je me suis un peu laissée détourner des activités que j’avais prévues pour cet après-midi et c’est tant mieux.

Cédant à une soudaine impulsion, je flâne dans le jardin public qui se situe à quelques rues de chez moi. Ce jardin est un lieu sacré pour ma famille car il est chargé de beaucoup de souvenirs. C’est ici que celui qui est maintenant mon mari me donnait rendez-vous au début de notre relation il y a des années de cela. Ce jardin a vu grandir notre fille et je la soupçonne d’y venir à son tour avec son amoureux maintenant qu’elle a l’âge d’en avoir un. Je me surprends à rêver de venir y surveiller mes petits enfants tout en faisant ma broderie

Mais soudain la rêverie et la réalité entrent en collision, quand un souffle d’air frais sur ma peau m’indique que le temps s’est écoulé plus vite que je ne le croyais, me ramenant à l’instant présent. Il est grand temps que je rentre à la maison, après avoir acheté du pain pour ce soir !

Les plumes de l’été 18 – Mots en S

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Nous sommes en période de vacances scolaires, Olivia fait donc une pause dans son atelier d’écriture, et c’est Asphodèle qui nous invite à l’écriture avec ses plumes de l’été ! Cette semaine nous jouons avec des mots en S donc voici la liste : Sauvage – sourire – souris – saison – sagesse – sébile – surprenant – soulever – souvenir – salutaire – sadique -saumon – soie.  Et salive ou saliver en facultatifs, vous pouvez les utiliser (en verbe ou en nom commun)  ou… pas !

Voici ma participation :

Les saisons et les années avaient défilé à une allure folle. Anaïs n’avait pas vu passer sa vie…

Après son mariage, pendant 20 ans, elle avait eu « la tête dans le guidon », elle avait travaillé et élevé ses 3 enfants. Puis, il y avait maintenant 5 ans, son mari l’avait quittée pour une autre, plus jeune bien sûr. Cette séparation soudaine avait soulevé des tas de questions chez Anaïs. Avait-elle des choses à se reprocher ? Pourquoi n’avait-elle rien vu venir ? Pourquoi est-ce que ça faisait si mal ? Et bien d’autres encore…

Elle arrivait à un âge où elle pensait être tranquille, avec les enfants casés ou presque, avec du temps pour penser à elle. Au lieu de cela, elle avait le sentiment de devoir tout recommencer à zéro. Elle avait l’impression que la vie était sadique avec elle…

Pourtant Anaïs ne se laissa pas aller à la dépression. Elle décida au contraire de prendre sa vie en main !

Sa première envie fut de partir en vacances toute seule, et surtout très loin.

Dans sa grande sagesse, elle avait économisé depuis des années dans une sébile posée sur sa commode quelque menue monnaie chaque semaine, et les pièces s’étaient peu à peu transformées en une somme rondelette au fil du temps.

Elle partit donc à l’Ile Maurice pour un séjour qui lui parut salutaire avec au programme : du repos, du farniente sur la plage et quelques visites tout de même.

Discrète comme une souris les 2 premiers jours, elle avait rapidement sympathisé avec d’autres vacanciers, elle d’ordinaire si sauvage. Mais le plus surprenant, ce fut sa rencontre avec Jérôme, au buffet, devant un plat de filets de saumon qui les faisaient saliver d’envie tous les 2. Anaïs remarqua tout de suite son magnifique sourire quand il lui proposa de la servir, et elle tomba sous son charme.

Au cours de la soirée Anaïs apprit qu’il était lui aussi divorcé, ce qui ne fit qu’augmenter l’attirance qu’elle éprouvait pour lui.

Elle pensa qu’elle avait finalement bien fait de mettre dans sa valise une jolie nuisette de soie noire ! Elle était certaine que quoi qu’il arrive par la suite, elle reviendrait chez elle avec de merveilleux souvenirs de vacances…

Elle se sentait renaitre !

Des mots, une histoire 71

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Tout d’abord je tiens à m’excuser de vous avoir abandonner sans même avoir répondu à vos commentaires sur mon dernier texte. Mais je viens de tous les lire et je vous remercie. Je ne pensais pas que mon petit conte vous plairait autant. Merci !!!!

 

 

A présent me voilà de retour avec de nouveau du temps pour écrire des textes et c’est avec plaisir que je participe à la dernière édition de la saison de l’atelier d’Olivia.

 

Les mots pour la dernière édition de la saison sont : girouette – ennuyer – s’escamper – manoir – hiver – enluminure – canicule – pugilat – clochette – abeille – palmier – persévérant – zinc – champs – essoufflé – musicien – glace – grivoiserie – étang

 

Et voici ma participation :

 

L’été et la canicule s’abattent sur notre village comme sur le reste du pays. Mais cela ne nous empêche pas de nous amuser car ce soir a lieu sur la place principale, la place des Palmiers, le bal masqué annuel auquel tous les habitants sont conviés. Je ne sais pas d’où vient cette tradition mais j’aime bien y participer, même si ça finit un an sur deux en pugilat à cause de deux ou trois gars qui ont trop bu.

Cette année, malgré mes 14 ans, je me suis déguisée en fée Clochette. Je n’y peux rien si j’aime encore porter ce genre de costume et puis de toute façon j’adore Clochette depuis que je suis toute petite. L’avantage c’est que, vu la température, de l’air je suis bien contente d’avoir une robe légère et courte !

Par contre mon cousin, habillé en abeille, doit mourir de chaud. En plus je trouve qu’il a l’air un peu ridicule comme ça. Encore plus que d’habitude devrais-je dire. Mon cousin aime bien « être décalé » comme il dit, et je crois que cette année il a fait vraiment fort. Parfois j’ai du mal à croire qu’il a un an de plus que moi !

Étrangement cette fois nous nous ennuyons très vite. Cela vient sûrement du fait que nous sommes trop vieux pour jouer à nous courir après, mais trop jeunes pour boire ou nous livrer à quelques grivoiseries. Quoique… Quant à danser, on n’y pense même pas, on aurait trop honte !

Alors nous décidons de nous escamper un moment, pour profiter de notre soudaine liberté inespérée. Nos parents sont bien trop occupés à faire la chenille pour nous avoir à l’œil constamment. Avec un peu de chance nous serons de retour avant que quelqu’un ait remarqué notre absence.

Nous partons en courant à travers champs et c’est essoufflés et étonnés que nous arrivons devant le manoir abandonné et soit disant hanté qui se trouve non loin de notre village. Pourtant ce soir toutes les fenêtres sont éclairées et malgré l’absence d’une quelconque brise la girouette perchée sur le toit tournoie sur elle même en une gigue folle.

Mon cousin me prend la main et me chuchote « Regarde. La porte s’ouvre. » au moment où un souffle glacial, digne du plus rude des hivers, nous transperce. Aussitôt la chaleur revient, en même temps que la maîtresse des lieux nous invite à entrer.

Totalement fascinés par sa beauté et sa gentillesse nous la suivons à l’intérieur.

– Mes chers enfants ! Je suis si heureuse que vous soyez venus me voir. Je suis si seule et depuis si longtemps… Je savais qu’en étant persévérante quelqu’un me verrait enfin !

– Ça fait longtemps que vous habitez ici ? On a toujours cru que le manoir était abandonné…

– Oui j’habite ici depuis toujours. Mais ne parlons pas ça. Venez plutôt à la cuisine, nous allons manger des glaces tous les trois !

Elle nous semble un peu étrange mais nous nous laissons entrainer à travers une salle qui semble être faite pour accueillir des musiciens et y donner des fêtes somptueuses. Puis nous traversons une pièce qui sert à la fois de bibliothèque regorgeant de livres aux enluminures d’un autre siècle et de jardin d’intérieur avec une profusion de plantes en pots qu’elle doit arroser avec soin avec le petit arrosoir en zinc posé sur une petite table. Enfin nous arrivons à la cuisine où nous nous installons sur de ravissantes chaises. Elle nous sert de succulentes glaces que nous dégustons en riant tous les 3. Quand nous avons terminé, elle déclare, l’air grave :

– Les enfants, vos parents doivent s’inquiéter de votre disparition. Je crois qu’il vaut mieux que vous retourniez au village. Je vous raccompagne.

Je suis un peu déçue, j’aurais aimé faire plus ample connaissance, mais je pense au savon que Maman et Tata  vont nous passer et je me laisse mettre gentiment dehors avec mon cousin. Tout de même cette rencontre me semble bien étrange…

– J’ai été ravie de passer ces quelques instants en votre compagnie. Merci beaucoup ! Revenez me voir si vous en avez l’occasion.

Soudain, comme tout à l’heure, le souffle glacial nous enveloppe puis repart comme il est venu. Le manoir est à nouveau plongé dans l’obscurité et semble délabré comme à son ordinaire.

Pris de panique nous courons au village où effectivement tout le monde nous cherche.

Après une bonne engueulade en règle nous racontons notre histoire. Et c’est là que mon cousin et moi apprenons que la dernière propriétaire du manoir s’est noyée dans l’étang qui se trouve à l’arrière il y a de cela 150 ans au moins… Et que depuis il est inoccupé…

 

Des mots, une histoire 68

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La 68ème récolte pour Des mots, une histoire, a donné ceci : mort – jouer – presqu’île – brin – frère – méditation – mélanique – normal – expert – orchestre – éloigné – acclamation – plausible – espérance – maladie – déménagement – incrustation

 

Cette semaine mon cerveau est resté désespérément vide à la lecture de cette liste. Mais cet après midi j’ai commencé à entrevoir une histoire et ça donne ce qui suit…

 

 

Dans les bayous de Louisiane, au milieu des bras sinueux remplis d’eau, des îles et des presqu’îles, vit un certain Émile, alligator de son état. Il est le petit neveu du fameux Louis qui réalisa son rêve de jouer du jazz avec un orchestre humain au cours d’un jour de carnaval.

A la mort de Louis, après une très longue vie très heureuse, Émile hérita de la trompette de son grand oncle.

L’été qui suivit Émile attrapa une terrible maladie, la dermite mélanique à incrustations, qui le contraint à un déménagement provisoire afin de le tenir éloigné de son frère et de tout autre alligator.

Pendant sa longue et solitaire convalescence, Émile se mit à la méditation, mais cette activité ne combla pas ses espérances, à savoir tromper son ennui.

Alors Émile pensa qu’il était fort plausible que la trompette de son grand oncle lui soit utile. Au début il peina à sortir un son normal de l’instrument, n’obtenant que d’infâmes bruits dissonants.

Mais à force de persévérance, d’entrainements acharnés et aussi d’un petit brin de folie, Émile devient un expert dans l’art de composer et d’interpréter des morceaux jazzys, enjoués et envoûtants.

Quand Émile fut enfin guéri, il rejoignit son foyer et continua de jouer de la trompette, pour le bonheur de tous !

Depuis, à chaque Mardi Gras, une scène est installée dans le bayou et Émile se produit plusieurs soirs d’affilés sous les acclamations des habitants rampants et volants du coin.

Bien entendu Émile dédie toujours ses morceaux à son cher grand oncle Louis pour le remercier de lui avoir léguer sa trompette qui les rend tous si heureux !

 

 

Je remercie Louis l’alligator de La Princesse et la Grenouille pour son aimable participation à mon histoire !